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le chien du perou, une race rare et en preservation.

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dimanche 21 juin 2026

championnat de france 2026 a montlucon. pourquoi autant de colere de la part des éleveurs et du public?

Pourquoi les éleveurs, les chiens, les juges et les visiteurs devraient-ils accepter des conditions qui ne seraient tolérées dans aucun autre événement moderne ?

Depuis plusieurs jours, le Championnat de France 2026 de Montluçon fait l'objet d'une vive polémique. Entre les alertes canicule, les inquiétudes exprimées par de nombreux vétérinaires, les annulations en masse d'exposants, les débats parfois très vifs sur les réseaux sociaux et les interrogations du grand public, une question revient sans cesse : comment en est-on arrivé là ?


Cet article n'a pas pour but de critiquer les expositions canines. Je suis née dans l'élevage canin. J'ai grandi sur les terrains d'exposition. J'en ai connu enfant, j'en connais encore aujourd'hui en tant qu'éleveuse et passionnée. j'ai grelotté de froid dans des hangars glacial ou a côté d'un ring, giflée par le vent d'hiver, je restais cachée sous le grand parapluie rouge et jaune de mes parents quand il pleuvait fort et qu'encore une fois il n'y avait pas grand chose pour s'abriter, la boue, la chaleur ecrasante, oui je l'ai vecu toutes ces années, petit fille, adolescente, puis adulte... Mais justement, parce que je connais ce milieu depuis toujours, je pense qu'il est parfois nécessaire de se poser les bonnes questions lorsque certaines situations ne nous semblent plus acceptables.

et de dire STOP.

Merci à ceux qui ont choisi la prudence

Avant toute chose, je voudrais adresser un immense merci à tous les éleveurs, propriétaires, exposants, juges et professionnels qui ont pris la décision difficile d'annuler leur participation au Championnat de France.

Je sais que pour certains, cette décision n'a pas été facile. Derrière une annulation, il y a parfois des centaines voire des milliers d'euros engagés : les inscriptions, le carburant, les hôtels, les congés posés, la préparation des chiens pendant des semaines ou des mois... et parfois aussi l'espoir d'obtenir un titre important pour son élevage.

Pourtant, malgré tout cela, beaucoup ont choisi de faire passer la sécurité de leurs chiens, de leurs proches et de leurs équipes avant le reste. Car il ne faut pas oublier que derrière un élevage, il n'y a pas forcément qu'une seule personne. Il y a parfois un conjoint, des enfants, des employés, des amis ou des bénévoles qui accompagnent les chiens sur les expositions.

Je sais aussi que certains se sont fait critiquer. On les a traités de bien-pensants, de moralisateurs ou d'alarmistes. On leur a expliqué qu'ils exagéraient, qu'il faisait chaud tous les ans ou qu'ils voyaient le mal partout.

Personnellement, je pense exactement l'inverse.

Je pense qu'il faut du courage pour renoncer à un événement que l'on prépare parfois depuis des mois. Je pense qu'il faut du courage pour perdre de l'argent et accepter les critiques. Et je pense surtout qu'il faut du courage pour dire non lorsque l'on estime que le risque est trop important.

Alors simplement : merci.

Merci d'avoir eu le courage de rester cohérents avec vos convictions.

Le problème n'est pas la chaleur, mais l'organisation

Je vais être honnête : le problème n'est même pas la chaleur.

La météo, personne ne la contrôle. Elle fait ce qu'elle veut et nous, on fait comme on peut avec. On a tous connu des étés compliqués, des hivers rigoureux, des expositions sous la pluie, dans le froid ou sous un soleil de plomb. Ça fait partie du jeu.

Ce qui me pose problème aujourd'hui, c'est qu'on savait.

On connait les parcs expo, on sait que cleui de montlucon est dans une cuvette. tout le monde le connait... et on sait que oui il peut pleuvoir ou faire chaud, tres chaud.

Nous sommes en 2026. Partout en France, des événements sont reportés, déplacés ou annulés lorsque les conditions deviennent incompatibles avec la sécurité du public. Des communes adaptent leurs horaires. Des écoles ferment plus tôt. Des manifestations sont annulées ou réorganisées. Personne ne trouve cela choquant. Au contraire, on considère simplement que c'est du bon sens.

Alors pourquoi le monde canin devrait-il accepter des conditions que beaucoup d'autres secteurs refusent désormais ?

pourquoi prendre en parc exposition un simple batiment couvert de tole au milieu d'une mer de bitume....

Pourquoi les exposants, qui paient parfois plusieurs dizaines d'euros par chien engagé (59 euros pour le premier chien à Montluçon) auxquels s'ajoutent le carburant, les péages, les hôtels, les repas et tous les frais liés à la préparation des chiens, devraient-ils se satisfaire d'infrastructures qui ne répondent plus aux attentes légitimes de notre époque ?

Et c'est là que certains répondent : « Oui mais avant, on faisait comme ça. »

Sauf que cet argument ne tient plus.

Dans les années 80, beaucoup de choses étaient tolérées que nous n'accepterions plus aujourd'hui. Heureusement d'ailleurs. Heureusement que les mentalités évoluent. Heureusement que la sécurité progresse. Heureusement que le bien-être animal progresse également.

Ce qui me dérange, c'est que l'on nous présente parfois certaines situations comme une fatalité, alors qu'elles ne le sont pas. Car nous savons tous que d'autres organisateurs d'expositions canines ont déjà investi dans des infrastructures adaptées. Certains utilisent des halls mieux isolés. D'autres louent des bâtiments climatisés. Certains prennent en compte les épisodes de fortes chaleurs ou de grand froid dans leur organisation.

Donc non, ce n'est pas impossible.

C'est même déjà une réalité dans certaines expositions.

La vraie question est donc simple : si certains arrivent à le faire, pourquoi pas les autres ?

Le bien-être animal ne peut pas être à géométrie variable

C'est probablement la partie qui a le plus mis les gens en colère, nous y compris.

Depuis des années, on nous répète les mêmes choses, et à juste titre. Ne laissez jamais un chien dans une voiture, même quelques minutes. Évitez les promenades aux heures les plus chaudes. Faites attention au goudron brûlant. Limitez les efforts physiques lorsqu'il fait très chaud. Vérifiez que votre chien a toujours de l'eau à disposition.

Et encore une fois, je suis entièrement d'accord avec ces recommandations.

Les vétérinaires les rappellent chaque été. Les associations de protection animale les rappellent chaque été. Les médias les rappellent chaque été. Même les organismes cynophiles diffusent régulièrement ces conseils de prévention. 

Alors forcément, beaucoup de personnes se sont posé une question toute simple : comment expliquer au grand public que l'on répète toute l'année qu'il faut protéger les chiens de la chaleur, tout en maintenant un événement qui réunit plusieurs milliers de chiens alors que les alertes se multipliaient depuis des jours et que definitivement le lieu choisi ne tient compte d'aucun de ces recommandations.....

C'est là que le problème commence.

Parce que le sujet n'est même plus Montluçon. Le sujet, c'est la cohérence de notre discours.

Les règles devraient être les mêmes pour tout le monde. Pour le propriétaire qui promène son chien. Pour l'éleveur professionnel. Pour les clubs canins. Pour les organisateurs d'expositions. Pour tout le monde.

On ne peut pas expliquer à longueur d'année qu'il faut protéger les chiens de certaines conditions climatiques et considérer ensuite que ces principes deviennent soudainement négociables lorsqu'il s'agit d'un grand evenement cynophile.

C'est cette contradiction qui a choqué autant de monde, y compris au sein même du monde canin. Car au-delà de la météo, beaucoup de personnes ont eu le sentiment que les règles n'étaient plus les mêmes selon les circonstances.

Et c'est probablement cela qui a le plus abîmé l'image de notre milieu.

Parce qu'au fond, ce qui a mis les gens en colère n'est peut-être pas la chaleur elle-même. C'est l'impression que ce qui serait considéré comme irresponsable dans la vie quotidienne devient soudainement acceptable lorsqu'il s'agit d'une exposition canine.

Que l'on partage ou non cette analyse, c'est malheureusement l'image qui a été renvoyée à une partie du public. Et lorsqu'on passe l'année à défendre l'élevage responsable, le bien-être animal et la cynophilie auprès du grand public, voir cette image se construire est particulièrement frustrant.

Les oubliés du débat : les humains

Quand on parle de cette polémique, toute l'attention se porte naturellement sur les chiens. Et c'est normal. Ils sont au cœur de notre passion et de nos préoccupations. Mais à force de parler uniquement des animaux, on finit par oublier une autre réalité : les humains présents sur ces événements.

Je fais des expositions depuis que je suis enfant. Jen fais peu aujourdh'ui a cause de ma santé et ce genre d'episode me conforte aussi dans mon choix, parce que la sécurite de chacun n'est pas respecté
Pendant toutes ces années, j'ai vu des familles traverser la France pour venir présenter leurs chiens. Je les ai vu dépenser des sommes énormes de leur porte feuille pas très plein pour venir faire ce qui leur semblait bien. J'ai vu des bénévoles passer des journées entières debout. J'ai vu des secrétaires de ring courir partout pour que les jugements se déroulent correctement. J'ai vu des enfants accompagner leurs parents sur les expositions dès leur plus jeune âge.

Et j'ai surtout vu des juges consacrer une grande partie de leur vie à la cynophilie.

Car il ne faut pas l'oublier : beaucoup de nos juges sont des personnes extrêmement expérimentées qui ont parfois quarante ou cinquante ans de cynophilie derrière elles. Mais cette expérience s'accompagne aussi souvent d'un âge plus avancé. Il n'est pas rare de voir des juges de 60, 70 ou parfois même plus de 80 ans assurer leurs fonctions pendant de longues heures.

Ces personnes méritent le même respect et la même protection que les chiens qu'elles viennent évaluer.

Lorsque des températures exceptionnelles sont annoncées depuis plusieurs jours et que plusieurs milliers de personnes sont attendues sur un même événement, la question ne devrait même pas se poser. La sécurité devrait être une priorité absolue, qu'il s'agisse des chiens, des juges, des bénévoles, des exposants, des visiteurs ou des enfants présents sur place.

Et c'est probablement ce qui me dérange le plus dans toute cette histoire. Car au final, on ne parle pas d'un simple concours ou d'une compétition sportive. On parle d'êtres vivants.

D'autant plus que ce sont les exposants eux-mêmes qui financent ces manifestations. Entre les engagements, les déplacements, les hôtels, les repas et tous les frais annexes, les sommes engagées sont parfois considérables. Il est donc parfaitement légitime d'attendre des infrastructures adaptées, entretenues et pensées pour accueillir correctement les personnes comme les animaux.

Personne ne demande le luxe ou un traitement de faveur.

On parle simplement du minimum: sécurité, confort et respect.

Parce que lorsqu'on organise l'événement le plus prestigieux de la cynophilie française, choisir un site sûr et adapté aux conditions climatiques ne devrait pas être considéré comme un privilège ou une exigence démesurée. Cela devrait être une évidence.

Au-delà des titres, des coupes et des cocardes, une exposition canine reste avant tout un rassemblement d'êtres vivants. Et lorsqu'il s'agit d'êtres vivants, la sécurité ne devrait jamais devenir une variable d'ajustement.

Une accumulation de problèmes qui interroge

Les témoignages et les photographies diffusés avant et pendant l'événement ont soulevé de nombreuses interrogations. Et lorsqu'on fait des expositions depuis longtemps, certaines choses sautent immédiatement aux yeux.

Des épillets ont été signalés en grand nombre, photos à l'appui. Pour beaucoup de personnes, cela peut sembler anodin. Pourtant, n'importe quel exposant sait à quel point ces végétaux peuvent être dangereux pour les chiens. Ils peuvent pénétrer dans les oreilles, entre les doigts, dans les yeux ou sous la peau. Et pour les races à poils longs ou soigneusement toilettées pour une exposition de cette importance, c'est également une véritable catastrophe en termes de préparation.

De nombreux participants ont également signalé de l'herbe coupée mais non ramassée. Là encore, certains diront que ce n'est qu'un détail. Mais lorsqu'on a passé des heures à préparer un chien pour un Championnat de France et un événement international, voir ce travail réduit à néant en quelques minutes parce que le terrain n'a pas été correctement entretenu a de quoi agacer.

À cela se sont ajoutés des signalements de débris et de bris de verre, de longues traversées sur le goudron pour rejoindre certains rings, ainsi que des infrastructures que beaucoup ont jugées peu adaptées à des températures aussi élevées. Car au final, les exposants se sont retrouvés entre des parkings goudronnés, un bâtiment couvert de tôle et des espaces offrant peu de solutions face à une canicule annoncée depuis plusieurs jours.

Pris séparément, chacun de ces problèmes aurait déjà suscité des critiques.

Mais lorsqu'ils s'accumulent, ils finissent par poser une question beaucoup plus large.

Est-ce réellement ce que l'on est en droit d'attendre d'un Championnat de France ?

Et surtout d'un événement international censé représenter l'excellence de la cynophilie française ?

Car il ne faut pas oublier qu'il ne s'agissait pas seulement d'une exposition nationale. Des juges étrangers avaient fait le déplacement. Des exposants étrangers étaient présents. Des visiteurs venus parfois de loin découvraient notre cynophilie à travers cet événement.

Et c'est peut-être cela qui me dérange le plus.

Avec l'importance de cet événement, avec les moyens dont disposent les différentes structures cynophiles françaises, avec les sommes engagées par les exposants, était-il réellement impossible de trouver un site plus adapté ?

C'est une vraie question.

Parce qu'au-delà de la polémique actuelle, c'est aussi l'image que nous donnons de notre cynophilie qui est en jeu.

Quelle image ont ils donné de la cynophilie française ?

On l'a dit: le Championnat de France n'est pas une exposition canine parmi tant d'autres. C'est l'événement le plus prestigieux de la cynophilie française. C'est aussi un événement international qui accueille des juges étrangers, des exposants venus d'autres pays et des passionnés qui parcourent parfois des centaines, voire des milliers de kilomètres pour être présents.

C'est justement pour cette raison que cette polémique dépasse largement le cadre d'un simple week-end d'exposition. Car au-delà des résultats obtenus dans les rings, c'est l'image même de la cynophilie française qui se retrouve aujourd'hui questionnée. Quelle impression garderont les éleveurs étrangers qui ont fait le déplacement ? Que penseront les juges internationaux venus représenter leur pays ? Quel souvenir conserveront les visiteurs qui découvraient parfois pour la première fois les grandes expositions françaises ?

Depuis des années, les éleveurs sérieux passent une partie de leur temps à expliquer leur travail. Nous essayons d'expliquer ce qu'est réellement un élevage responsable. Nous parlons de sélection raisonnée, de santé, de socialisation, de diversité génétique, de préservation des races et du temps considérable consacré à nos chiens. Nous essayons aussi de lutter contre les clichés. Contre l'idée que tous les éleveurs seraient responsables du remplissage des refuges. Contre l'idée que l'élevage se résumerait à produire des chiots. Contre l'idée que les éleveurs ne penseraient qu'à l'argent ou aux titres.

Et pourtant, en quelques jours de polémique, une partie du public a eu le sentiment que certains étaient prêts à accepter n'importe quelles conditions pour obtenir une coupe, une cocarde ou un titre. Que cette perception soit totalement juste, partiellement juste ou même parfois caricaturale importe finalement assez peu. Elle existe désormais. Elle circule sur les réseaux sociaux, dans les médias et dans les discussions entre particuliers.

Et c'est probablement là que se situe le véritable dommage.

Car au-delà de la météo et au-delà même du déroulement de l'événement, cette affaire a laissé beaucoup de personnes s'interroger sur les priorités de certaines personnes du monde canin. Lorsqu'un particulier entend pendant une semaine qu'il ne faut pas sortir son chien aux heures chaudes, qu'il faut protéger ses animaux de la canicule, qu'il voit des événements annulés partout en France et des vétérinaires exprimer leurs inquiétudes, puis découvre qu'un rassemblement de plusieurs milliers de chiens est maintenu malgré tout, le message devient forcément difficile à comprendre.

Car lorsqu'un événement censé représenter l'excellence de la cynophilie française devient source de polémique et d'incompréhension, ce ne sont pas seulement les organisateurs qui en subissent les conséquences. Ce sont les éleveurs, les clubs de race, les bénévoles et tous les passionnés qui, le reste de l'année, passent leur temps à expliquer que le bien-être animal est une priorité.

Refuser les amalgames ne signifie pas approuver les choix de chacun

Refuser les amalgames ne signifie pas approuver toutes les décisions qui ont été prises.

Je n'ai jamais caché que je ne partageais pas le choix de certains exposants qui ont décidé de maintenir leur participation malgré les alertes et les inquiétudes exprimées depuis plusieurs jours. Beaucoup d'éleveurs ont estimé que le risque était trop important et ont préféré rester chez eux, parfois au prix de pertes financières conséquentes. Ils ont fait un choix. D'autres en ont fait un autre.

Mais aujourd'hui, mon inquiétude est ailleurs.

J'espère sincèrement que le grand public, les médias et les associations de protection animale sauront faire la différence entre les éleveurs qui ont choisi d'annuler et ceux qui ont décidé de participer malgré tout. De voir et ne pas occulter tous ceux de cette sphère qui se sont indignés et ont dénoncé tout cela, pour aujourd'hui et pour demain. Car si cette nuance disparaît, c'est toute une profession qui risque d'être jugée à travers les décisions prises par une partie seulement de ses représentants.

Malheureusement, ce phénomène n'est pas nouveau. Le monde de l'élevage souffre déjà d'énormément d'amalgames. Entre les bons éleveurs et les marchands de chiens. Entre les professionnels sérieux et ceux qui ne le sont pas. Entre les éleveurs responsables et les dérives régulièrement montrées dans les médias. Depuis des années, nous devons également composer avec des diffamations et il faut le dire des affirmations répétées malgré des chiffres qui montrent une réalité plus complexe, clamés hauts et forts malgré des faits et des preuves claires (les éleveurs remplissent les refuges VS l'etude meme des chiffres de la spa sur ces structures nationales qui prouvent que c'est la reproduction incontrôlée des particuliers, par ex)

Pourtant, la réalité est bien plus complexe. Toute l'année, des éleveurs travaillent pour préserver leurs races, améliorer la santé de leurs lignées, informer les futurs propriétaires et défendre une vision éthique de l'élevage. C'est précisément pour cette raison que nous refusons aujourd'hui un nouvel amalgame.

Critiquer certaines décisions est parfaitement légitime.

Faire comme si tous les éleveurs avaient pris la même décision ne l'est pas.

Ce que le grand public a vu

Et c'est justement là que se situe le problème.

Car au fond, qu'a vu le grand public ces derniers jours ?

Encore une fois on répète tout ce qui a ete dit, vu et entendu: 

Il a vu des alertes canicule partout. Il a entendu des recommandations expliquant qu'il ne fallait pas sortir les chiens aux heures les plus chaudes. Il a vu des événements annulés ou adaptés partout en France, des écoles fermant plus tôt, des vétérinaires exprimant leurs inquiétudes et des débats particulièrement vifs sur les réseaux sociaux.

Puis il a vu des milliers de chiens réunis malgré tout.

Que l'on partage ou non cette vision, il est impossible d'ignorer l'effet produit.

Pour beaucoup de personnes extérieures au monde canin, le message envoyé a été catastrophique. Certaines se sont demandé comment il était possible de maintenir un tel événement dans ces conditions. D'autres ont commencé à remettre en question les priorités de certains exposants. D'autres encore ont généralisé à l'ensemble des éleveurs.

Et c'est précisément ce que nous redoutons.

Parce qu'à partir du moment où une partie du public commence à remettre en question l'éthique des éleveurs dans leur ensemble, ce n'est plus seulement l'image d'un événement qui est fragilisée. C'est celle de toute une filière, y compris celle des professionnels qui avaient pourtant choisi la prudence dès le départ.

La prévention aurait dû primer sur la réaction

Nous savons parfaitement que certaines associations de protection animale, certains médias et certaines personnalités publiques finiront par parler de cette affaire. Peut-être même au moment où vous lisez ces lignes. Les réseaux sociaux se remplissent déjà d'images de chiens haletants, de témoignages inquiets et de vidéos montrant les difficultés rencontrées sur place.

Mais ce n'est pas cela que nous attendions.

Ce que nous attendions, c'était une réaction avant.

Depuis plusieurs semaines, les alertes se multipliaient. Des vétérinaires exprimaient leurs inquiétudes. Des éleveurs annonçaient qu'ils renonçaient à participer. Des particuliers s'interrogeaient publiquement sur les conditions de l'événement. Une pétition demandant le report ou l'adaptation du Championnat de France a même été mise en ligne. Pourtant, malgré ces signaux d'alerte, le sujet est resté relativement discret.

Ce n'était pas après coup que nous avions besoin d'aide.

Ce n'était pas lorsque les premiers chiens montreraient des signes d'inconfort.

Ce n'était pas lorsque les réseaux sociaux commenceraient à se remplir d'images choquantes.

C'était avant.

Lorsque les décisions pouvaient encore être discutées.

Lorsque les organisateurs pouvaient encore adapter leur dispositif.

Lorsque la prévention pouvait encore prendre le pas sur la réaction.

Car au fond, la protection animale ne devrait pas se limiter à constater les problèmes une fois qu'ils existent déjà. Elle devrait aussi chercher à les éviter lorsqu'ils sont prévisibles.

C'est précisément ce qui rend cette situation si frustrante pour de nombreux éleveurs. Pour une fois, il existait un sujet sur lequel des vétérinaires, des particuliers, des exposants et des défenseurs du bien-être animal pouvaient se retrouver autour d'une même préoccupation : éviter qu'une situation potentiellement dangereuse ne se produise.

Nous demandions simplement que les voix habituellement très présentes lorsqu'il s'agit de dénoncer des souffrances animales se mobilisent également lorsqu'il est encore possible de les prévenir.

Car empêcher un problème sera toujours plus utile que le commenter une fois qu'il s'est produit.

Et c'est peut-être là la plus grande incompréhension de cette affaire.

Si nous acceptons cela aujourd'hui, qu'accepterons-nous demain ?

Au fond, la véritable question n'est peut-être même plus celle de Montluçon.

Montluçon n'est qu'un symptôme d'un malaise plus profond qui traverse depuis plusieurs années le monde des expositions canines. Beaucoup d'exposants ont le sentiment de payer toujours davantage pour être accueillis dans des infrastructures qui, elles, ne suivent plus l'évolution des exigences modernes en matière de sécurité, de confort et de bien-être animal.

Année après année, les engagements augmentent. Les frais de déplacement augmentent. Les frais d'hébergement augmentent. Les exigences envers les éleveurs augmentent. Pourtant, dans le même temps, nombreux sont ceux qui ont le sentiment que les structures mises à leur disposition deviennent de plus en plus rudimentaires.

Et c'est précisément là que se situe le véritable problème.

Nous ne demandons pas le luxe.

Nous ne demandons pas des privilèges.

Nous demandons simplement que les chiens, les exposants, les juges, les bénévoles et les visiteurs soient accueillis dans des conditions dignes, sécurisées et adaptées à notre époque.

Nous demandons que le bien-être animal soit autre chose qu'un slogan.

Nous demandons que la sécurité des personnes soit autre chose qu'une variable d'ajustement.

Nous demandons que les organisateurs prennent en compte les réalités climatiques d'aujourd'hui plutôt que de continuer à raisonner comme il y a quarante ans.

Car si nous acceptons aujourd'hui que des milliers de chiens, des familles entières, des juges parfois âgés et des bénévoles soient exposés à des conditions que beaucoup jugent inadaptées, alors que serons-nous prêts à accepter demain ?

À partir de quel moment dirons-nous que la limite a été franchie ?

À partir de quel moment considérerons-nous que le respect du vivant doit passer avant les habitudes, les traditions ou les impératifs d'organisation ?

Nous espérons sincèrement que cette polémique ne laissera derrière elle ni drame ni accident grave. Nous espérons que tous les participants rentreront chez eux en bonne santé et que cette édition du Championnat de France ne restera qu'un mauvais souvenir.

Mais nous espérons surtout qu'elle servira de leçon.

Parce qu'un Championnat de France ne devrait pas seulement récompenser les plus beaux chiens.

Il devrait aussi montrer l'exemple.

Et si l'événement le plus prestigieux de la cynophilie française n'est pas capable d'être exemplaire en matière de sécurité, de respect des exposants et de bien-être animal, alors il est légitime de se demander quelle direction nous souhaitons donner à l'avenir de nos expositions.

Car au final, la question n'est pas seulement celle de Montluçon.

Ce qui nous inquiète le plus n'est peut-être même pas ce qui s'est passé à Montluçon. C'est ce qui se passait deja il y a 10 ans, hier et ce qui se passera lors de la prochaine exposition. 

Puis de la suivante. Puis de celle d'après. Parce que si personne ne tire les leçons de cette polémique, alors nous aurons simplement déplacé le problème au prochain épisode de canicule ou de froid. 





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