ULALY de luna capreza
Les débats autour de l’abandon animal reposent trop souvent sur des slogans émotionnels répétés sans recul : « N’achetez pas, adoptez », « Les refuges sont pleins à cause des élevages », ou encore « Sans élevage, il n’y aurait pas d’animaux en refuge ».
Pourtant, lorsqu’on prend le temps de lire les études officielles dans leur intégralité, une réalité bien différente apparaît.
Les données issues du fichier national I-CAD, des travaux du CNR BEA, par exemple et de la grande étude nationale publiée par la SPA et la Fondation Affinity montrent une chose essentielle : le problème central n’est pas l’existence des élevages professionnels, mais l’abandon par des particuliers, ainsi que la reproduction non encadrée réalisée par des particuliers.
Selon les données I-CAD 2020, plus de 1,8 million de chiens et de chats ont été identifiés en France sur une seule année. Parmi eux, 81,35 % sont des animaux n’appartenant pas à une race, et seulement 16,40 % sont inscrits au LOF ou au LOOF.
L’origine des identifications est tout aussi parlante : 65,7 % sont réalisées à l’initiative de particuliers, contre seulement 16,6 % à l’initiative d’éleveurs professionnels.
Concernant les abandons, l’estimation croisée des données I-CAD, CNR BEA, refuges et fourrières indique que moins de 3 % des animaux abandonnés proviennent de la filière professionnelle, soit environ 2 à 2,5 % selon les années et les méthodologies. Autrement dit, plus de 97 % des abandons ne sont pas issus des élevages professionnels.
Un point essentiel doit cependant être corrigé dans la lecture de certaines études : la notion de « chien de race » y est parfois évaluée uniquement sur l’apparence de l’animal. Cette approche pose un problème fondamental de définition.
En France, un chien de race n’est pas une question d’apparence. Un chien de race est un chien inscrit au LOF (Livre des Origines Français), identifié par un numéro de puce ou de tatouage, retrouvable dans les bases de données de la Société Centrale Canine vie son numero de transpondeur (donc meme si vous n'avez pas en main le certificat de naissance ou le pédigrée, il vous est possible, grace au numero de puce de votre animal et du site scc "fiche chien scc" de savoir s'il est inscrit au lof ou non.), et détenteur d’un certificat de naissance avant confirmation (document bleu), puis d’un pedigree officiel après confirmation (document jaune). L’affixe de l’élevage est clairement mentionné sur les documents officiels, généralement reporté sur le carnet de santé ou le passeport européen.
L’apparence seule ne permet donc en aucun cas de déterminer si un chien est juridiquement « de race » ou non. Un chien ressemblant fortement à une race peut être un croisé.
Lorsque les statistiques parlent de « chiens de race selon l’apparence », elles ne parlent donc pas de chiens inscrits au LOF. Cette confusion conduit à deux erreurs majeures dans le débat public : surévaluer la présence de chiens de race en refuge, et faire porter la responsabilité des abandons sur les élevages, alors que les données montrent que la grande majorité des animaux abandonnés proviennent de particuliers, sont issus de reproductions non déclarées ou non maîtrisées, et ne sont souvent pas identifiés à l’origine.
Il est également indispensable d’aborder un autre point rarement assumé : acheter un animal à un particulier, ou à quelqu’un d’autre qu’un éleveur professionnel sérieux et encadré, c’est très souvent nourrir précisément le système qui alimente les refuges. Qu’il s’agisse de portées « accidentelles » ou de portées faites pour l’argent, ces reproductions sans cadre, sans sélection, sans traçabilité et sans responsabilité sur le devenir des animaux participent directement à la saturation des refuges.
Prendre un animal et ne pas le faire stériliser, c’est aussi prendre le risque très réel de contribuer à ces statistiques, tôt ou tard.
Ce mécanisme est souvent entretenu par ce que l’on pourrait appeler un « syndrome du sauveur ». On le retrouve très clairement dans d’autres domaines, comme celui des poules dites « de réforme ». Acheter une poule issue d’une batterie industrielle n’est pas un sauvetage : c’est donner de l’argent à un système qui ne respecte pas les animaux, permettre à l’exploitant de vider sa batterie sans frais d’abattage, et lui offrir immédiatement le budget et la place nécessaires pour remettre de jeunes poulettes à la place. Le parallèle avec les chiens, les chats et certains circuits d’acquisition est parfaitement transposable.
Dans le domaine des animaux de compagnie, les chiffres montrent que sans les reproductions de particuliers, sans les achats impulsifs, sans la non-stérilisation et sans les abandons, les refuges seraient quasiment vides! Aujourd’hui, pendant que de nombreux éleveurs sérieux, passionnés et responsables réduisent ou arrêtent leur activité faute de viabilité économique et sous la pression constante, les marchands de chiens, les importateurs douteux et les particuliers producteurs de portées font le plein.
autre point important:
Un animal abandonné n’est jamais abandonné par une « filière ». Il est abandonné par une personne. Qu’il vienne d’un élevage, d’un refuge, d’un don entre particuliers ou d’une portée « maison », l’abandon reste un acte humain individuel, lié à un manque d’anticipation, de responsabilité et d’engagement. Accuser les éleveurs professionnels n’a jamais vidé un refuge. En revanche, l’identification obligatoire, la stérilisation, l’encadrement des reproductions et la responsabilisation des particuliers sont des leviers concrets, démontrés par les chiffres.
les abandons proviennent d'ailleurs de sujets diverses: invalidité, probleme familiax, etc.cmbien d'animaux arrivent par an.
Sources : étude nationale SPA / Fondation Affinity sur l’abandon et l’adoption, données I-CAD, travaux du CNR BEA et de l’OCAD, publications professionnelles SNPC et SCC.
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