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mercredi 4 février 2026

une alternative aux expositions et au salon du chiot?

 

   

Être contre les salons du chiot ne veut pas dire être contre les chiens de race

Il y a une chose importante à rappeler, parce qu’elle est souvent mal comprise : beaucoup de personnes opposées aux salons du chiot ne sont ni contre les chiens de race, ni contre les éleveurs. Elles sont contre un système. Et, sur ce point-là, on peut difficilement leur donner tort.


Les salons du chiot traînent derrière eux une longue liste de scandales. Des clusters de parvovirose, des chiots malades, trop jeunes, mal sevrés, entassés, déplacés sur des centaines de kilomètres, exposés au stress, au bruit, aux manipulations incessantes. Tout cela a été documenté, dénoncé, parfois sanctionné, mais jamais réellement éradiqué.

Critiquer les salons du chiot, ce n’est donc pas attaquer l’élevage dans son ensemble. C’est pointer du doigt une pratique qui mélange vente impulsive, opacité et risques sanitaires majeurs.

Il faut aussi le dire : certains futurs adoptants n’ont tout simplement aucune envie de mettre les pieds dans une exposition canine. Non pas parce qu’ils sont contre les chiens de race, mais parce qu’ils sont rebutés par ce qu’ils perçoivent comme une mise en scène du chien-objet. Le chien utilisé comme vitrine, comme faire-valoir, parfois comme extension de l’ego de son propriétaire.

Beaucoup ont vu, ou entendu parler, de chiens attachés debout sur des tables de toilettage pendant des heures, de chiens passant la journée en cage, sortis uniquement pour être présentés sur un ring. Même lorsque ces pratiques sont encadrées, elles peuvent heurter des sensibilités et poser des questions éthiques légitimes. Certaines personnes refusent ce modèle-là, sans pour autant rejeter l’idée d’adopter un chien de race.

Ces personnes existent. Elles aiment les chiens, elles veulent bien faire, mais elles ne se reconnaissent ni dans les salons du chiot, ni dans le monde des expositions canines traditionnelles. Résultat : elles se retrouvent souvent sans espace fiable pour s’informer correctement, voir des chiens adultes, poser des questions, confronter leurs idées à la réalité.

C’est précisément là qu’une autre forme d’événement pourrait avoir du sens.

Plutôt que de continuer à opposer salons du chiot et expositions canines, pourquoi ne pas imaginer un salon du chien de race centré uniquement sur l’information, la sensibilisation et la rencontre, sans vente, sans compétition, sans mise en scène excessive ?


Le vrai manque aujourd’hui : l’information

Ce qui manque cruellement aux futurs adoptants, ce ne sont pas des chiots derrière des vitrines. Ce sont des informations sérieuses, honnêtes, complètes, sur les races de chiens.

Des informations données par des personnes qui connaissent réellement la race qu’elles présentent. Des personnes capables de parler autant des qualités que des contraintes. Du comportement, des besoins, des limites, de la réalité du quotidien avec ce chien-là, et pas d’une version fantasmée.

Beaucoup de gens veulent “un chien”, parfois “une race”, mais sans jamais avoir eu l’occasion de voir cette race adulte, de comprendre son énergie, sa taille réelle, son tempérament, ses besoins physiques et mentaux. Et c’est souvent là que les erreurs commencent.

parexemple dans notre race très peu de gens savent qu'il existe une deuxieme variété, le chien à fourrure!


si on imaginait autre chose ?

Plutôt que de continuer à tolérer des salons du chiot problématiques, pourquoi ne pas proposer une alternative réellement utile et éthique : un salon du chien de race, sans chiots.

Pas de vente.
Pas de portées annoncées.
Pas de publicité pour les élevages.
Pas de cartes de visite distribuées sous le manteau.

Aucun chiot sur place.

Le principe serait simple : 

uniquement des chiens adultes, deux ou trois maximum par race, présents pour montrer ce qu’est réellement le chien une fois sorti de l’image du chiot mignon. Sa taille, son allure, son comportement, son activité, son interaction avec l’environnement.

Et surtout, des échanges. Beaucoup d’échanges.

Parler de la race, vraiment

Dans ce type de salon, on ne parle que de la race. Son histoire, ses origines, ses différentes variétés, son caractère, ses besoins physiques et mentaux, ses éventuelles problématiques de santé, son niveau d’exigence.

On explique clairement pour quel type de personnes cette race est adaptée. Et pour lesquelles elle ne l’est pas.

On dit aussi non.
On redirige.
On déconstruit les fantasmes.

Parce que oui, certaines races ne conviennent pas à certains modes de vie, et le dire avant l’adoption évite bien des drames après.

Des événements à taille humaine

Il n’est pas question de faire des salons gigantesques. Pas besoin de remplir un parc des expositions avec toutes les races existantes. Au contraire.

De petits événements, avec quelques races seulement (entre 15 et 30) , organisés localement. Avec des éleveurs sérieux, des clubs de race (SERIEUX), des associations spécialisées. Des gens présents non pas pour vendre, mais pour informer et sensibiliser.

Un cadre plus calme, plus respectueux des chiens comme des visiteurs.

Une opportunité pour les races rares… et les races exigeantes

Ce type de salon serait aussi une formidable vitrine pour des races peu connues ou mal identifiées. Beaucoup de gens, par exemple, ne savent pas distinguer un chien du Pérou d’un Xoloitzcuintle, ou le confondent avec d’autres races sans poil comme le AHT, le chien fer...

beaucoup de races ancestrales sont peu connues, et ont du mal a se faire connaitre.

Voir des adultes sur place permettrait de comprendre les différences, de poser des questions, d’éviter les amalgames.

Mais ce serait tout aussi utile pour des races très populaires et pourtant mal comprises : Malinois, chiens-loups (Saarloos, tchécoslovaque), Akita Inu, Shikoku, et bien d’autres. Autant de races qui souffrent aujourd’hui d’achats impulsifs et finissent trop souvent en refuge.

Pouvoir expliquer clairement que telle race n’est pas adaptée à telle personne, ou au contraire faire découvrir une race à laquelle quelqu’un n’aurait jamais pensé, c’est exactement ce qui manque aujourd’hui.

Voir un adulte change tout

Voir un chien adulte, c’est voir la réalité. Son niveau d’activité, sa façon d’interagir, sa présence, son énergie. C’est comprendre que le chiot deviendra ce chien-là, et pas l’image idéalisée qu’on s’en fait.

C’est souvent à ce moment-là que certaines personnes réalisent que non, finalement, cette race n’est pas faite pour elles. Et inversement, que d’autres découvrent une race qui leur correspond bien mieux qu’elles ne l’imaginaient.

Informer avant d’acheter, plutôt que réparer après

Un salon du chien de race, sans vente, sans chiots, centré uniquement sur l’information et la sensibilisation, ne réglerait pas tous les problèmes. Mais il permettrait d’en éviter beaucoup.

Moins d’achats impulsifs.
Moins de mauvaises orientations.
Moins d’abandons.
Moins de chiens “inadaptés” à leur famille.

Et surtout, une adoption plus réfléchie, plus responsable, plus respectueuse du chien.




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